L’abbaye

Selon la légende, l’abbaye aurait été fondée par Charlemagne ou son père avec un don des reliques de saint Sicaire, un des enfants tués sur l’ordre d’Hérode à l’annonce de la naissance du Christ.
L’établissement dépendait de l’abbaye de La Chaise-Dieu. Située sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, l’abbaye devient au Moyen âge un lieu important d’échanges, un carrefour où se rencontrent marchands, artisans, pèlerins et voyageurs.
Le clocher, de type campanile, est orné de gâbles que l’on retrouve sur les clochers de Collonges la Rouge et Saint Léonard de Noblat en Limousin.
Une des cavités « la grotte du Jugement Dernier », abrite des bas-reliefs imposants. Le pont coudé du XVIe siècle permet d’accéder au jardin des moines.

Aux portes de Périgueux, l’abbaye de Chancelade

On doit la fondation de Chancelade au moine Foucault, originaire de Cellefrouin, qui s’installe près d’une source entourée d’une grille Fons Cancellatus (origine du nom de Chancelade). L’abbaye prospère est mise à mal pendant la Guerre de cent Ans puis pendant les guerres de Religion.
L’église est un édifice de plan cruciforme à nef unique. A l’intérieur, on peut y admirer un tableau du XVIIe siècle « Le Christ aux outrages » longtemps attribué à Georges de La Tour. Le logis dit de Bourdeilles date du XVe siècle. Les communs étaient situés à l’ouest de l’abbaye. Ils comprennent un cuvier, un cellier, un logis et un moulin. A l’est de l’abbaye, le logis dit de l’abbé date du XVIe siècle.

Le prieuré de Merlande

Dépendant de l’abbaye de Chancelade, à quelques kilomètres, se trouve le prieuré de Merlande. L’histoire du lieu débute à l’époque romaine. Situé sur la voie Périgueux-Saintes, les voyageurs s’arrêtaient pour profiter de la fontaine. L’église est composée de deux travées. La première à l’origine voûtée d’une coupole a laissé la place à un berceau brisé. La seconde travée est surmontée d’une coupole sur pendentifs. L’église est remarquable par ses chapiteaux sculptés situés dans le chœur. A côté de l’église se trouve le logis du prieur et l’ancienne maison dîmière.

Cap au sud pour la découverte de Paunat

Selon la légende, la fondation de l’abbaye est liée à un pèlerin qui aurait fait le vœu de fonder une abbaye si son bâton planté fleurissait. L’abbaye de Paunat est reconstruite au XIIe siècle après avoir été détruite par les Normands vers 850 et consacrée en 991 par l’évêque Frotaire de Périgueux. C’était un important monastère bénédictin dépendant du monastère de Saint-Martial de Limoges.
L’église est le seul vestige de l’abbaye. On y accède par un imposant clocher-porche de plan carré. Le clocher avec ses contreforts plats rappellent les donjons romans. La nef de l’église est composée de trois travées voûtées d’ogive. Elle a été reconstruite dans la seconde moitié du XVe siècle.

Témoignage

Depuis quelques années, nous sommes sept religieux, chanoines réguliers de saint-Victor, à vivre sur le beau site de l’abbaye de Chancelade. Chanoines de saint Augustin, comme le grand abbé réformateur du XVIIe siècle Alain de Solminihac, notre vie se partage entre célébration de l’office divin, vie fraternelle, accueil de tous et service pastoral, en lien étroit avec le diocèse de Périgueux.

Au Moyen Âge, les abbayes ont toujours été d’importants centres de rayonnement d’où sont parties des idées nouvelles. En ce début de III millénaire, l’abbaye de Chancelade, avec ses différentes propositions culturelles, intellectuelles et spirituelles, souhaite continuer à s’inscrire dans cette grande tradition.