Vie de Saint Front

D’après les cinq récits de la « Vie de saint Front », Front a vécu au IVe siècle. Il est envoyé par saint Pierre dont il reçut le bâton pastoral si l’on en croit le bas-relief du pignon de la façade de la cathédrale conservé au Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord. Saint Front est venu évangéliser le Périgord et la ville antique de Vesunna en particulier. Il s’installe dans une grotte, à proximité de la ville romaine pour vivre sa vie d’ermite. Considéré comme le premier évêque de Périgueux, on lui attribue la résurrection d’enfants qui s’étaient noyés dans la Garonne à Toulouse, d’autres dans la Dronne à Brantôme. Inhumé à proximité de l’ermitage, le corps du saint est abrité par le monastère du Puy Saint-Front.

Monastère de Puy Saint-Front

Il ne reste du monastère de Puy Saint-Front qu’une partie de l’église et une partie du cloître roman côté sud. Il a été en partie reconstruit à l’époque gothique. Malgré l’incendie de 1120 qui détruit l’établissement religieux, la vie monastique se maintient avec la formation d’un chapitre de chanoines autour de l’abbé, qui est aussi l’évêque. Ils accueillent les pèlerins venus vénérer les reliques du saint. Déposées dans un reliquaire de pierre sculpté à la fin du 11e siècle, l’ensemble est pillé au 16e siècle. Bien que la cathédrale soit très marquée par le 19e siècle, elle a été inscrite en 1998 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques. Elle marque un passage important sur la voie de Vézelay..

Restauration du XIXe siècle

Lorsque Paul Abadie intervient sur le monument en 1852, il tente de conserver au maximum les élévations médiévales. Trois ans plus tard, il prône pour la démolition de la coupole nord. Elle entraîne un effet domino sur les autres coupoles disposées en croix grecque. L’architecte diocésain démolit totalement l’édifice. Débarrassée des imperfections laissées par les maîtres d’œuvre du Moyen ge, la cathédrale illustre la pensée de la restauration du 19e siècle : recomposer, réinventer, parfaire. Saint-Front est même le modèle que Paul Abadie reproduit à l’église du Sacré-Cœur de Paris. Son successeur Louis Bruyerre, qui propose en 1884 une restauration du clocher en respectant les constructions en place est jugé trop conservateur par ses pairs.

Les dégagement de la salle capitulaire

A l’instar d’autres cathédrales, Saint-Front est dégagée des bâtiments qui y sont accolés à la fin du 19e siècle. Viollet-le-Duc le préconise dès 1842 dans un rapport pour le ministère des cultes. Au sud du cloître, le réfectoire, la cuisine et les prisons abbatiales sont rasés. C’est aujourd’hui le jardin du Thouin. Construit sur l’aile ouest de l’abbaye à la fin du 16e siècle, l’évêché est démoli à la même époque. Il était flanqué d’une tour d’escalier polygonale dont la base se remarque encore dans l’angle sud-ouest du cloître. Les maisons qui s’appuyaient sur la façade du monument sont également détruites. La frise qui est remployée dans le mur sud de la « vieille église » ornait le porche de la cathédrale. Il passait sous une des habitations.

Majesté et grandeur

La cathédrale Saint-Front attire le regard par sa majesté et sa grandeur. Elle s’impose à nous par son immense clocher qui domine. L’ensemble de ses clochetons et dômes l’équilibre merveilleusement. Elle se dévoile depuis les quais et on se l’approprie en y accédant en marchant. L’entrée par le narthex est à privilégier. La porte en bois franchie, on découvre la nef dans sa spaciosité due à la hauteur des voûtes et à la profondeur des allées. Le chœur retient notre attention avec sa magnifique croix en émail. Le chemin de croix de Jacques Emile Lafon et les trois lustres sont remarquables.